(Presse) Kan ar Bobl. Questembert à l’écoute du chant vivant

Vivement le week-end ! Pourquoi ? Parce que Questembert accueille une nouvelle fois le Kan ar Bobl. Décryptage de l’événement avec deux de ses organisateurs, Thierry Jolivet et Gaël Le Rallic de l’association Andon.

Pour les néophytes, le « Kan ar Bobl » est un mot étrange. Qu’est-ce que c’est ?
Gaël Le Rallic, président de l’association culturelle Andon : Kan ar Bobl veut dire le chant du peuple. Nous en sommes à la 46e édition, dont la grande finale aura lieu les 6 et 7 avril à Pontivy. Il a été créé pour promouvoir la culture bretonne, faire une place aux jeunes. Son succès a été tel que le concours a été subdivisé en région. Cette année, il y en a 17 : surtout dans l’ouest et le nord de la Bretagne, mais aussi en Touraine et à Paris. En Morbihan, il y a Caudan, Plescop et Questembert pour la 5e édition, portée par les associations Andon et Camber.

Quelle est la particularité de l’événement à Questembert ?
Thierry Jolivet, vice président : Le règlement impose de mettre en valeur le terroir local, avec l’idée de collecter et de faire vivre ce qui a été sauvegardé. À Questembert, nous sommes à une frontière linguistique et culturelle entre le gallo et le breton, entre le pays de Vannes, de Rennes et de Nantes. Il y avait à l’origine un répertoire particulier avec des chants en français, en breton et en gallo, des danses comme le bal de Rhuys, des ridées et an dro. Le cercle et le bagad de Questembert ont fait un 33 tours à partir d’un collectage dans les années 70-80. Andon a fait réinterpréter 26 de ces airs, mélodies, chants à la marche par des jeunes pour un CD en 2002. Le Kan ar Bobl entre ainsi dans une logique d’animation locale et de patrimoine.

Samedi à Questembert, c’est donc une sélection du Kan er Bobl. Alors concours ou fête ?
Gaël Le Rallic : C’est plutôt une fête autour du concours. L’idée est d’inciter à participer, à partager les chants dans un esprit d’ouverture. À l’apéro-concert, il y aura un groupe de jazz local et un jeune guitariste de flamenco par exemple. Parmi les participants au concours, des adultes débutant le breton vont se lancer. C’est ça l’idée du concours : mettre le pied à l’étrier. La catégorie Kanit’ta Bugale permet d’ailleurs aux enfants de chanter ce qu’ils veulent sans restriction pour qu’ils osent chanter devant un jury. Il y a néanmoins une exigence de niveau. Le jury peut décider de ne sélectionner personne pour la finale s’il n’estime pas le niveau suffisant.

Qui composera le jury à Questembert ?
Gaël Le Rallic : Il est en cours de composition. Cette année, nous aurons la chanteuse Élodie Jaffré, le chanteur Loïc Le Pen, le contrebassiste de Spontus Yann Le Bozec. Leur rôle est avant tout de donner des conseils aux candidats. Le Kan ar Bobl n’est pas là pour casser, mais pour construire. Chacun reçoit une fiche détaillée des points où il peut progresser.

Des candidats de Questembert se sont-ils fait un nom depuis ?
Thierry Jolivet : On peut citer Jérémy Kerno, qui après avoir joué du biniou et de la bombarde s’est mis au chant. Le saxophoniste Ronan Le Gourrierec qui propose actuellement un projet original de fest-deiz pour les enfants. Ou encore le duo accordéon diatonique-flûte traversière Candaud-Hellou… La majeure partie de nos candidats proposent du chant seul. Cette année, nous aurons un record de scolaires avec cinq écoles de Josselin, Muzillac, Allaire et Questembert. Certaines chanteront le répertoire, d’autres des créations inspirées de la tradition. La création, c’est le patrimoine de demain.

Pratique
Samedi 2 mars à la salle de l’Asphodèle. De 9 h 30 à 17 h 30 : stages de musique et de breton. De 14 h à 17 h 30 : concours. De 18 h à 20 h 30 : apéro musical. À partir de 20 h 30 : fest-noz avec Spontus, Kas Bazarh, David et Huguel, E. Jaffré et A. Lucas (7 €). Inscriptions et renseignements : 07 80 45 62 69.
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